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Décider - La retraite

Prendre sa retraite au Paraguay : ce que la pension, l'impôt et la santé décident

Publié le 7 octobre 2026 · État du dossier pays au 28 juillet 2026
Réponse directe

Pour un retraité français, le Paraguay tient sur le coût de la vie, le climat et la simplicité de la résidence, et il ne tient pas sur l'argument fiscal que l'on vous présente le plus souvent. Une pension de source française versée à un non-résident reste imposable en France, par retenue à la source, parce qu'aucune convention ne vient en disposer autrement, et elle supporte une cotisation d'assurance maladie spécifique. Le Paraguay, de son côté, ne l'impose pas. Le gain réel est donc celui du niveau de vie, pas celui de l'impôt, et la question qui décide est celle de la santé : couverture, distance, qualité des soins privés à Asunción.

La pension : imposée en France, pas au Paraguay

C'est le point que les sites de promotion omettent. Les pensions de retraite de source française versées à une personne domiciliée hors de France sont soumises à une retenue à la source, prévue à l'article 182 A du CGI, selon un barème à trois tranches, 0 %, 12 % et 20 %, avec un mécanisme de régularisation. Dans la plupart des pays d'accueil, une convention fiscale attribue l'imposition de la pension à l'un des deux États et neutralise cette retenue. Avec le Paraguay, il n'y a pas de convention : la retenue s'applique pleinement, et la France conserve le droit d'imposer. Le Paraguay, qui n'impose que les revenus de source paraguayenne, n'ajoute rien. Il n'y a donc pas double imposition, mais il n'y a pas non plus d'exonération. Le dossier fiscal donne le cadre.

La cotisation d'assurance maladie sur les pensions

Un retraité domicilié fiscalement hors de France n'est plus redevable de la CSG et de la CRDS sur sa pension, mais une cotisation d'assurance maladie spécifique s'y substitue, de l'ordre de 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur les pensions complémentaires, sauf cas d'exonération prévus par les textes. Le gain par rapport aux prélèvements sociaux d'un résident existe ; il est inférieur à ce que l'on vous annonce.

La santé : la question qui décide

Un retraité qui quitte la France pour un pays hors Union européenne perd la couverture de l'assurance maladie française pour les soins reçus sur place. Les solutions sont une adhésion à la Caisse des Français de l'étranger, une assurance privée internationale, ou une couverture privée paraguayenne, souvent combinées. Le secteur privé d'Asunción est de bon niveau pour la médecine courante et une partie de la médecine spécialisée ; pour certaines pathologies lourdes, le recours reste un retour en Europe ou un transfert vers le Brésil ou l'Argentine. À soixante-cinq ans, cette question prime sur toutes les autres, et le coût d'une assurance privée internationale à cet âge doit entrer dans le budget avant la fiscalité.

La résidence : accessible, mais avec un calendrier

Le Paraguay ne propose pas de visa de retraité spécifique avec seuil de pension ; la voie standard de la loi 6984/22 s'applique : résidence temporaire de deux ans, puis permanente, la solvabilité économique étant appréciée à la conversion selon la résolution DNM 407/2026. Une pension régulière, documentée par des relevés apostillés et traduits, constitue une justification habituellement admise. Le calendrier de deux ans vaut pour un retraité comme pour un actif.

Pour qui cela tient

Pour un retraité en bonne santé, avec une pension modeste ou moyenne qui vaut deux à trois fois plus à Asunción qu'en France, un goût pour la chaleur et une intention d'apprendre l'espagnol, le Paraguay offre un niveau de vie que l'Europe ne permet plus à ce budget. Pour un retraité dont le motif principal est fiscal, le calcul ne tient pas : la pension reste imposée en France. Pour un retraité avec un suivi médical lourd ou des petits-enfants qu'il veut voir grandir, la distance pèse plus que tout avantage. La comparaison avec le Portugal éclaire ce choix.

Point de vigilance, pas prédiction. Le taux de change entre l'euro et le guarani a été favorable aux revenus en euros ces dernières années. Ce n'est pas une donnée acquise, et un budget de retraite construit sur le taux d'une seule année est fragile.

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FAQ

Questions sur la retraite au Paraguay

Ma pension française est-elle imposée si je vis au Paraguay ?

Oui, en France, par retenue à la source selon un barème à trois tranches, parce qu'aucune convention fiscale ne lie la France et le Paraguay. Le Paraguay ne l'impose pas. Il n'y a pas double imposition, mais pas d'exonération non plus.

Dois-je encore payer la CSG sur ma pension ?

Non si vous n'êtes plus domicilié fiscalement en France, mais une cotisation d'assurance maladie spécifique s'y substitue, de l'ordre de 3,2 % sur la pension de base et 4,2 % sur les complémentaires, sauf exonération.

Suis-je couvert par la Sécurité sociale au Paraguay ?

Non pour les soins reçus sur place. Les solutions sont la Caisse des Français de l'étranger, une assurance privée internationale ou une couverture privée paraguayenne, souvent combinées.

Existe-t-il un visa de retraité au Paraguay ?

Pas de catégorie spécifique avec seuil de pension. La voie standard s'applique : résidence temporaire de deux ans, puis permanente, la pension servant de justification de solvabilité à la conversion.

Quel budget mensuel pour vivre correctement à Asunción ?

Cela dépend du quartier et du mode de vie, mais un budget qui serait serré en France permet à Asunción un logement confortable, une aide à domicile et des sorties. L'assurance santé est le poste qui réduit le plus cet avantage à partir de soixante-cinq ans.

Sources consultées directement : Code général des impôts, art. 4 B et 182 A ; Code de la sécurité sociale, dispositions sur la cotisation d'assurance maladie des pensionnés non résidents ; loi 6984/22 ; résolution DNM 407/2026. Dernière vérification du dossier pays : 28 juillet 2026.